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Vévé la Girafe

Ici, pas de filtre, pas de femme parfaite, pas de vie de rêve Insta, juste du vrai, de l'imparfait, du rire et du coeur !

Hommes / Femmes : les inégalités dans le milieu professionnel.

Publié le 18 Avril 2020 par Vévé la Girafe in Actualités, Congé maternité, Avenir, Etre une femme, Femme active, Grossesse accouchement, Inégalité

Après l'épisode consacré au rapport que les femmes entretiennent avec leur corps, voici un autre grand chantier des pressions et inégalités subies par les femmes au quotidien et qui les pousse à entretenir, malgré elles, leurs propres incohérences. Pour rappel, j'ai rassemblé ces situations dans les 4 familles suivantes : le rapport des femmes à leur CORPS, leur TRAVAIL, leur MATERNITÉ, leur FOYER. Voici donc aujourd'hui, le rapport des femmes à leur TRAVAIL.

Bonne lecture !

Le travail est l'un des terrains de prédilection de ce concept vieux comme le monde : l'inégalité hommes/femmes.
Nous passons 8h en moyenne au travail (pause déj incluse) soit 1/3 de la journée, soit la moitié de notre journée éveillée. Et pourtant, il demeure le théâtre d'inégalités à tous les niveaux : hommes/femmes, manager/subordonné, cadres/non cadres, etc.
Je ne prétends pas connaître toutes les entreprises, ni leurs équipes, et encore moins l'ambiance de travail qui y règne. Aussi, il est bien possible (je l'espère même) que certain(e)s d'entre vous ne se sentiront pas concerné(e)s car ils sont heureux(ses) et épanoui(e)s au travail. Question à ces derniers:  est-ce que vous recrutez prochainement par hasard ;-) ?
Blague à part, j'aimerais juste évoquer les principales inégalités hommes/femmes auxquelles j'ai été confrontées et qui continuent de pourrir le monde du salariat.

 

L'IMPRESSION DE TOUJOURS DEVOIR EN FAIRE PLUS

Dès mon entrée dans la vie active, j'ai eu cette sensation que je devrais me bagarrer davantage que les hommes pour me faire une place. Dans les faits, cela s'est avéré exact, malheureusement. Je ne compte plus toutes les fois où j'ai, entre autres, observé en réunion, une femme présenter une idée, se faire rire au nez; et 5 minutes plus tard, un homme exposer la même proposition et se faire pratiquement applaudir par l'auditoire. Et j'exagère à peine !
Travaillant dans le digital, domaine encore réservé aux hommes dans l'esprit de certains, j'ai parfois eu le plus grand mal à me faire respecter dès qu'il s'agissait de questions techniques. Alors que j'avais été engagée pour ça ! Mais non, je devais refaire mes preuves...pas parce que j'avais démontré mon incompétence ou commis des erreurs; juste parce que je suis une femme. C'est à force d'acharnement, de travail et de bons résultats que j'ai gagné ma légitimité. Lorsque j'ai quitté ce poste, j'ai formé pendant plusieurs semaines, mon remplaçant plus jeune que moi et plutôt novice dans le digital, et j'ai immédiatement vu la différence : pas une seule remise en cause de son savoir-faire ou de sa légitimité. Je m'en suis réjouis pour lui, cela s'annonçait bien, mais il y a de quoi grincer des dents, non ?

 

LE SALAIRE, LES ÉVOLUTIONS PROFESSIONNELLES

Le 05 novembre 2019, il a été annoncé qu'en raison des écarts de salaire existants entre hommes et femmes, on pouvait considérer que les femmes "travailleraient gratuitement" jusqu'à la fin de l'année.
Ma question est pourquoi ces inégalités continuent d'exister alors qu'on les dénonce chaque année ?

Je vois 2 raisons principales :

  • Les femmes se sous-estiment et hésitent trop souvent à négocier leur salaire.
    Serait-ce un complexe d'infériorité généralisé à toute une partie de la population ? Je ne vois pas d'où ça peut venir...en tant que fillette bercée dans son enfance par les films où de jeunes filles complètement nunuches dépendant des hommes pour vivre leur vie, ni en tant que lectrice passionnée depuis toute jeune, de mythologie où l'image de la femme est évidemment synonyme d'émancipation et de modernité.
  • Certains recruteurs profitent de cette vulnérabilité et il n'y a aucune règlementation pour vraiment réguler ce genre de discriminations.

J'imagine un monde où les entreprises auraient l'obligation de publier chaque année leur pyramide des salaires et des postes par genre. J'ai comme l'intuition que les écarts se réduiraient rapidement et que de nombreux comités de direction 100% masculin aujourd'hui, deviendraient bien plus ouverts aux femmes tout à coup. On me dit dans l'oreillette que la loi "Avenir professionnel" du 05 septembre 2018, oblige les entreprises à publier leur score sur 4 indicateurs sur l'égalité professionnelle au sein de leur structure :

  • l’écart de rémunération
  • l’écart de taux d’augmentations individuelles et de promotions
  • le nombre d’augmentations post-congé maternité
  • le nombre de femmes parmi les dix plus hautes rémunérations

Depuis le 1er mars 2020, c'est même obligatoire pour TOUTES les entreprises de plus de 50 salariés. Dans le doute, j'attends jusqu'à la fin de l'année. On va rigoler le 31 décembre 2020, je sens !

Je vous propose un petit jeu : comptez le nombre de femmes occupant un poste à responsabilités, voire présente au CODIR de votre boîte..........20 secondes, vous avez fini, non?
Dans une entreprise que j'ai connu, j'ai compté 4 directions, dirigées par 5 directEURS. Et sur les 20 postes à responsabilité, j'ai enregistré 5 femmes dont 0 au CODIR. Pour le reste du personnel en revanche, on tablait sur du 75% de femmes...avec certaines d'entre elles, qui y bossaient depuis 15 ans, et toujours au SMIC !
Tant que les entreprises n'auront finalement aucune obligation réelle de rendre des comptes à ce niveau-là, je doute que les inégalités sur l'évolution professionnelle disparaissent.

 

LA MATERNITÉ

Vaste sujet qui fera l'objet d'un prochain article; mais ici, j'aimerais m'attarder sur ce que la maternité change dans la vie de la femme salariée. Parce que cet événement dit "heureux" peut avoir des conséquences extrêmement lourdes sur la vie professionnelle des femmes et n'en a pratiquement AUCUNE sur celle des hommes. Donc le prochain qui sera tenté de dire "un bébé, ça se fait à deux" est sommé de réfléchir avant.

1/ L'annonce à son employeur et aux collègues
Je n'ai personnellement jamais rencontré d'homme terrifié à l'idée d'annoncer à son employeur qu'il va être papa. Et pour cause ! En France, devenir papa, cela signifie s'absenter 14 jours maximum; au-delà, ce sont les congés payés. Alors évidemment, quand un homme fait ce type d'annonce au boulot, la joie exprimée par les collègues et les responsables est véritablement sincère...parce qu'il n'y aura aucune conséquence ou si peu.
En revanche, pour les femmes, c'est une autre histoire. Pour ma 2e grossesse, mon ventre a gonflé extrêmement vite et cela devenait difficile de dissimuler mon état. Tout le service me charriait en me disant que j'étais enceinte, cela me mettait tellement à l'aise de mentir. Alors j'ai lâché le morceau à 2 mois à peine de grossesse. Le pire ? On m'a reprochée de l'avoir caché sous prétexte qu'en cas de fausse-couche, j'aurais eu besoin de soutien. Bref, ça démarrait mal, non seulement, je n'ai pas pu choisir le moment idéal pour annoncer ma grande nouvelle, mais en plus, j'étais critiquée pour avoir osé l'envisager. ZÉRO RESPECT !

2/ Ralentissement de l'évolution
Pour la plupart des femmes salariées, une grossesse est lancée lorsqu'on a son poste bien en main, qu'on se sent en confiance...au final, quand on est prête à évoluer professionnellement. L'ennui, c'est qu'une telle nouvelle chamboule tout. Le service se réorganise ? Tu es discrètement mise sur le banc de touche. Un nouveau poste est créé et tu correspondrais super bien ? Ta candidature n'est même pas examinée. Et la cerise sur le gâteau, ce sont les gens qui osent te conseiller : "C'est mieux pour toi, tu vas être fatiguée", ou mieux "concentres-toi sur toi et ton bébé".
Mais de quoi je me mêle ???! Et souvent, ce sont des femmes elles-mêmes chahutées à leur propre congé maternité qui se "vengent" et reproduisent stupidement les mêmes erreurs/horreurs qu'elles ont subi.

3/ Le congé de maternité
Quand tu pars, tout le monde te rassure : "tu vas nous manquer", "on pense fort à toi", "on te tient au courant", etc.
Quand tu reviens, tu sens directement que tu n'as manquée à personne : "ah, tu es revenue toi?"
Je ne suis probablement pas un bon exemple en la matière parce que j'ai vécu 2 retours de congé maternité apocalyptiques qui m'ont profondément blessée, chacun pour des raisons différentes et j'ose croire que la majorité des femmes se font mieux accueillir que je ne l'ai été.
Mais le fait est que quand tu reviens, tu es vulnérable, fatiguée, stressée, inquiète. Et que quelques jours sont forcément nécessaires pour que tu atterrisses et retrouve ton entrain habituel.
Alors, s'il vous plaît, j'en appelle de tout mon cœur, aux hommes et femmes du monde salarié, aux collègues, aux assistants, aux responsables, aux directeurs : prenez soin des jeunes mères qui reprennent le travail. Elles viennent de vivre un marathon (physique et psychique); elles ont fait ce que votre mère a fait pour vous, elles dorment peu, elles sont peut-être encore meurtries par l'épreuve, ce n'est pas LE MOMENT D'EN RAJOUTER !

4/ Le congé parental
À la naissance de notre 2e enfant, on s'est posés la question avec mon mari. Ça ne me disait rien, mais lui était vraiment tenté par cette possibilité. Alors, on a voulu prendre nos renseignements et...on s'est arrêtés très vite, dès que nous avons eu connaissance du montant de l'indemnisation. Il perdait près de 80% de son salaire, non compensé par l'économie réalisée à ne pas avoir de mode de garde à payer. Il en était donc HORS DE QUESTION. Mon salaire de l'époque était un peu plus bas que le sien, donc en cas de problème de garde, j'aurais été toute désignée. Heureusement, nous avons eu une place en crèche et tout s'est bien goupillé.
Je prends un peu de recul, imaginez un contexte où l'écart de salaire entre les parents est plus important et qu'un moyen de garde est difficile à trouver. Malgré les envies paternelles de plus en plus courantes et assumées de faire une pause "pouponnage", malheureusement, c'est la femme qui s'y colle le plus souvent. Parce que la perte de salaire est moindre ! Parce que les femmes gagnent moins, évoluent moins , etc. D'ailleurs, ce fameux congé parental est le plus souvent envisagé au 2e, voire au 3e enfant; ce qui veut dire que la maman a déjà vécu 2 congés de maternité minimum et donc l'écart s'est déjà creusé entre sa carrière et celle de son conjoint. Bref le jeu du serpent qui se mord la queue...
Je précise toutefois que beaucoup de femmes sont ravies de prendre ce congé parental, je ne parle ici que des femmes qui n'en ont pas particulièrement envie.

Pour conclure sur la maternité, quelle honte que rien ne bouge à ce niveau du côté des lois, que les femmes continuent d'être infantilisées et stigmatisées. Et pareil pour les papas ! Parce qu'il est là aussi le drame. Les pères d'aujourd'hui ont changé de mentalité:  ils s'investissent, ils s'assument, ils ne cherchent pas à fuir le foyer bruyant, ils partagent beaucoup plus de charges et c'est top. Malheureusement, on ne leur donne pas non plus, en France, le droit d'en profiter. Alors que la majorité de nos voisins européens, bien plus avancés que nous sur la question, octroient d'ores et déjà des congés de paternité équivalents à celui de la mère. Et on parle de 6 mois de congé maternité parfois, rien à voir avec ces pathétiques 11 jours paternels et 2 mois et demi maternels, loin de suffire pour que tout le monde s'épanouisse.

 

En termes d'inégalités dans le milieu professionnel, on est loin d'avoir fait le tour, car il y a également les gros lourds qui se croient tout permis et matent le décolleté ou les jambes de leurs collaboratrices. Mais ceci est une autre histoire...

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