Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vévé la Girafe

Ici, pas de filtre, pas de femme parfaite, pas de vie de rêve Insta, juste du vrai, de l'imparfait, du rire et du coeur !

2020 : Flotter et prendre le bon train

Publié le 26 Octobre 2020 par Vévé la Girafe in Actualités, Avenir, Femme active, Girafe, Je suis un ovni ou quoi?, Critiques

Professionnellement, j'ai l'impression de flotter dans cette année 2020. Et par "flotter", je ne veux pas dire que je me sens comme un poisson dans l'eau. Non, ça me fait penser à ces messages sur Facebook qui circulent : "les vacances sont finies, on peut recommencer je n'étais pas prête ?". Et bien cette année chamboulée me fait le même effet. Comme si j'observais tous les événements en flottant au dessus de ma propre vie pro. Est-ce le contexte sanitaro-économico politique ? Ou est-ce mon propre contexte hérité d'années de perdition ? Franchement, je ne sais pas. Mais j'ai vraiment envie d'effacer tout ça et de recommencer à zéro.

L'absence de travail, l'absence d'objectif ou de projet précis, sont des difficultés que j'ai déjà rencontrés par le passé et qui ont le don de me clouer sur place. Le tout bercé par le chant continuel des dernières actualités estampillées "COVID", je flotte depuis des mois.

Suis-je un OVNI ? Oui. Car je flotte et que les perspectives d'avenir me semblent plus floues que jamais, alors pour construire mon identité professionnelle, c'est mal engagé.

Suis-je seule ? Pas vraiment tant cette crise semble être le déclencheur de prises de conscience chez certains. Mais au quotidien, oui je me sens souvent seule face à ma page blanche, face à mon projet vide, mon cerveau presque atrophié, ma tristesse, mon angoisse.

Je ne suis pourtant pas si fragile, j'ai traversé des coups durs (Life is a bitch), je me suis toujours relevée. J'avance avec mes bagages, je me fraye un chemin dans la gare de la vie professionnelle, j'ai payé et composté mon ticket, le problème est que je n'ai pas encore trouvé mon train. Pendant que certains sont déjà installés en 1ère classe de leur wagon, beaucoup d'autres comme moi sont perdus dans la gare.

Alors je me demande : pourquoi sommes-nous si nombreux à nous retrouver dans ce flou artistique ? Est-ce un problème de personnes ou de société ?
Je pousse plus loin la métaphore ferroviaire : Prenez la gare Montparnasse un vendredi à 18h. Ticket en main, voie affichée, train identifié, quels obstacles peuvent bien se dresser entre vous et le bon siège si moelleux de la senecefeu ? La foule qui s'active, qui bouscule, qui crie, qui agresse, qui piétine. Ce qui est fou, c'est que tout le monde subit cette violence, mais que chacun la fait subir aussi aux autres. Tout ça pour quoi ? Pour embarquer à l'heure, dans le bon train ! Compréhensible oui, acceptable non. Une société d'individus n'est pas à confondre avec une société d'individualistes.

Dans le monde du travail et plus spécifiquement dans le salariat, c'est pareil. Chacun nourrit ses propres espoirs, vit des déceptions et s'enorgueillit de ses succès. Mais, le bonheur des uns ne doit en aucun cas se construire sur la souffrance des autres, sur l'injustice collective et l'indifférence.

Cette crise de 2020 a peut-être sonné la fin de cette réalité, et ouvrira je l'espère une nouvelle ère : celle où on peut avancer avec ses bagages calmement sans inquiétude, prendre un train en retard sans craindre de louper sa correspondance et pouvoir voyager dans son siège tranquillou en admirant la vue.

Vévé la Girafe

Commenter cet article